Les vœux de Nicolas Sarkozy à l'éducation

Publié le par Collectif

Dépêche de l'AFP du lundi 12 janvier 2009.


Sarkozy veut réformer le lycée et prendre en compte «l'angoisse» des jeunes

Malgré l'hostilité d'une bonne partie des enseignants et des lycéens, Nicolas Sarkozy s'est dit lundi déterminé à mener à bien la réforme des lycées, tout en disant vouloir prendre en compte "l'angoisse" des jeunes, pour lesquels il a nommé un "haut-commissaire".


Le chef de l'Etat était à Saint-Lô pour présenter ses voeux aux personnels de l'Education nationale, où il a été accueilli par 2.000 (police) à 5.000 manifestants (organisateurs).


De nombreux heurts ont émaillé ces manifestations. Deux policiers ont été légèrement blessés, ainsi que neuf manifestants. Quatorze personnes dont "6 ou 7 mineurs" ont été interpellées.


Les syndicats d'enseignants ont demandé lundi soir "un geste d'apaisement, notamment pour la libération de ceux qui ont été interpellés".


Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d'une mission sur le lycée afin de mener à bien la réforme, reportée à la rentrée 2010 après les importantes manifestations de la fin de l'année dernière. Elle sera dirigée par Richard Descoings, directeur de Sciences Po-Paris, connu pour sa politique d'élargissement de l'accès de son établissement à des lycéens de ZEP.


Placée "sous l'autorité" du ministre de l'Education Xavier Darcos, cette mission devra faire des "propositions", "associer tous les lycéens de France" et "élargir la concertation", a dit le président, promettant aussi que la réforme se ferait sans suppression de postes au lycée.


Des annonces insuffisantes pour les principales organisations lycéennes, UNL et Fidl, qui réclament un arrêt de

toutes les suppressions de postes dans l'Education et ont appelé à des manifestations jeudi dans toute la France.

Comme vendredi lors de ses voeux aux personnels hospitaliers, M. Sarkozy a assuré que la solution n'était pas "plus d'argent, plus de postes".


Replaçant la question du lycée dans un contexte plus large d'une "politique de la jeunesse", le chef de l'Etat a nommé un "haut-commissaire à la Jeunesse" en la personne de Martin Hirsch, "père" du RSA qui conservera son titre de Haut commissaire aux Solidarités actives.


La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a salué cette nomination comme "une initiative forte". Mais l'organisation étudiante Unef n'y a vu qu'un "gadget", "s'étonnant qu'un haut-commissaire sans administration, sans budget et sans compétence en matière d'éducation, d'enseignement supérieur ou d'emploi puisse mettre en place la politique qu'attendent les jeunes".


"Je ne suis ni le chouchou, ni le gadget de personne. C'est logique, le temps est venu de traiter des problèmes des jeunes autrement", a réagi ensuite M. Hirsch.


A l'origine du Revenu de solidarité active (RSA), qui entrera en vigueur en juillet 2009 pour les plus de 25 ans, M. Hirsch a estimé que le RSA n'allait "a priori" pas s'appliquer aux jeunes. "Il faudra inventer quelque chose qui réponde mieux aux spécificités des jeunes", "tester des choses et voir ce qui marche, le but étant de permettre aux jeunes d'acquérir l'autonomie", a-t-il ajouté.


Alors que M. Sarkozy a également regretté que les syndicats enseignants aient boycotté ses voeux de Saint-Lô, ceux-ci ont appelé lors d'une conférence de presse commune à Paris à poursuivre les mobilisations, notamment celles prévues les 17 et 29 janvier.


Et ils ont déploré en retour que M. Sarkozy ait dit peu de choses sur les personnels enseignants, alors que ses voeux leur étaient en principe destinés.


Nous manifesterons samedi 17. Nous ferons grève et nous manifesterons jeudi 19.

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